soto
Structures cinétiques & sphère réalisées à l'occasion de la FIAC
du 24 au 30 octobre 2000

Remarqué au Salon des Réalités Nouvelles de 1954 par Denise René, l'aventure entre Soto et la galerie débuta en 1955 avec l'exposition " le Mouvement " qui donna véritablement corps au courant cinétique de l'art abstrait.
Aux côtés de Calder, Vasarely, Agam, Bury, Tinguely et Duchamp, Soto y présentait alors ses premières oeuvres cinétiques, des reliefs virtuels sur plexiglas . Procédant d'un dédoublement des plans du tableau, superposant les diverses trames de points, de carrés, de spirales, il s'agissait pour Soto de soumettre l'oeuvre non seulement à la fluctuation des champs lumineux mais aussi à l'angle de vision du spectateur. Ce dispositif permettait ainsi de recréer de l'illusion, d'accroître la richesse visuelle de l'oeuvre et de développer d'une certaine façon la potentialité vibratoire que l'artiste avait décelé dans les oeuvres de Mondrian, Malevitch et Moholy-Nagy.
Dès lors les bases de son concept étaient jetées : d'une part remettre en question la forme et l'idée de la composition telle qu'elle existait dans la tradition abstraite, d'autre part conquérir la participation du spectateur. En 1956, Soto inaugure chez Denise René une longue série de " Structures Cinétiques ". Il maîtrise alors totalement les effets optiques et " oblige la forme à se soumettre aux tourbillons de lumière vibrante " tandis que le spectateur est devenu le moteur de loeuvre.
L'art immatériel de la vibration est incontestablement le domaine de Soto.Il met en place le système fondamental de son oeuvre , susceptible de produire l'effet dynamique: désormais structures géométriques et fils d'acier éclateront sous la vibration d'un panneau de fond constitué de fines rayures. " Soto débouche sur un nouveau concept : l'invisible. Telle barre qui existait devant notre regard s'en efface soudain totalement ;toute matière disparaît, s'évanouit dans le fond strié du tableau. Un hochement de tête et c'est un pan du réel qui s'écroule- pour renaître aussitôt, image accélérée de la fugacité du monde " Jean Clay " Soto, de l'art optique à l'art cinétique " catalogue d'exposition, Galerie Denise René, Paris, 1967.
Dans les années 60, la recherche de Soto creuse l'idée d'un art de la participation. Ainsi le spectateur et l'oeuvre agissent réciproquement l'un sur l'autre et se fondent dans un même espace : Soto créé alors " le pénétrable ", expression de la vision de l'univers de l'artiste, multidimensionnel et rempli de relations. Il fonde ainsi une nouvelle poétique de l'immatériel. Soto présente un pénétrable pour la première fois en 1967 à la galerie Denise René rive gauche: les visiteurs, pris dans une expérience physique et sensorielle immédiate, évoluent dans de fins tubes de plastique pendant du plafond jusqu'au sol de la galerie . A l'occasion de la FIAC , poursuivant sa collaboration avec l'artiste la galerie Denise René présente les oeuvres récentes de Soto : des Carrés vibrants dans une sorte de pointillisme soigneusement codifié ; des Ecritures, longues aiguilles qu'il fait danser sur des fonds tramés de même couleur et qui disparaissent sous nos yeux ou encore une Sphère Bleue, volume virtuel et transparent, océan de tiges souples dans lequel on est invité à se noyer.
Rappels biographiques
1923 : Naissance de Soto à Ciudad Bolivar au Vénézuela.
1947 : A la fin de ses études à l'Ecole des Beaux Arts de Caracas Soto est nommé directeur de l'Ecole des Beaux-Arts de Maracaïbo.
1949 : Première exposition personnelle à Caracas.
1950 : Installation à Paris où il suit les conférences de l'Atelier d'art abstrait fondé par Dewasne et Pillet.
1955 : Participe aux côtés de Calder, Duchamp,Vasarely, Agam, Bury et Tinguely, à l'exposition " Le Mouvement " organisée à la galerie Denise René, véritable acte de naissance de l'art cinétique.
1956 : Première exposition personnelle à la galerie Denise René : présentation de " Structures Cinétiques "sur plexiglas.
1960 : Obtient le Prix National de la peinture au Vénézuela.
1961 : Participe à l'importante exposition internationale d'art cinétique" Bewogen Beweging " organisée par Daniel Spoerri au Stedelijk Museum d'Amsterdam puis reprise par Pontus Hulten au Moderna Museet de Stockholm.
1967 : Réalise son premier pénétrable à la galerie Denise René qui édite alors la boîte Sotomagie, biographie en valise constituée de 11 multiples d'oeuvres réalisées entre 1951 et 1965. Participe à l'exposition " Lumière et Mouvement " organisée par Frank Popper au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en créant un Grand Mur Vibrant d'environ 9 m de long vibrant sous une lumière artificielle.
1968-69 : A la Kunsthalle de Berne, grande rétrospective Soto qui circule en Europe pour finir au Palais de Tokyo à Paris : l'évênement est créé par un pénétrable de 400 m2 qui couvre entièrement le parvis du musée.
1970 : Exposition à la galerie Denise René rive droite autour du thème du plein : l'artiste anime murs et plafonds de la galerie et réalise son premier pénétrable sonore.
1973 : Inauguration du musée Soto d'art moderne dans sa ville natale à Ciudad Bolivar : la collection s'organise autour de l'art construit historique, l'art optique et cinétique.
1974 : Vaste rétrospective Soto au Musée Guggenheim à New York. Simultanément présentation des œuvres récentes de l'artiste à la galerie Denise René à New York.
1980 : Exposition personnelle à la galerie Denise René rive gauche.
1982 : Rétrospective à Madrid au Palacio de Vélasquez, Parque del Retiro.
1992 : Participe à l'exposition " L'Art en mouvement " à la Fondation Maeght à Saint Paul de Vence : présentation d'un monumental Cube de Provence.
1997 : Grande rétrospective de l'œuvre de Soto organisée par Daniel Abadie à la Galerie Nationale du Jeu de Paume. Exposition galerie Denise René rive droite et rive gauche
Repères bibliographiques
Michel Butor, Marc Collet, Arnauld Pierre, Soto, catalogue de l'exposition, Galerie Nationale du jeu de Paume, Paris, 1997, textes de, 243p.
Gérard Georges Lemaire, Soto, Editions La Différence, Paris, Paris, 1997, 413 p.
Marcel Joray, J.R Soto, Soto, Editions du Griffon, Neuchâtel-Suisse, 1984, 273 p. Editions Denise René
Jean Clay," Soto de l'art optique à l'art cinétique ", Edtions galerie Denise René, Paris, 1967, 35 p.
"La logique de Soto ", texte de Patrick d'Elme (français-anglais), Cimaise n°: 97, Paris, 1970.
Soto, (photos), Editions galerie Denise René, Paris, 1970,26 p.
" Quand Soto joue dans l'espace ", texte de Gilles Plazy, Cimaise, n° : 245, Paris, 1997.